La fin du “shutdown” décidée par Trump n’a apporté que peu de soutien au dollar la semaine dernière.
Trump a finalement cédé à la pression croissante alors que les conséquences de la fermeture historique du gouvernement - 35 jours - commençaient à déboucher sur des débordements, notamment dans les aéroports américains. Le président a annoncé un accord qui rouvrirait les institutions fédérales jusqu'au 15 février au moins. Paradoxalement, le dollar a fortement chuté, les investisseurs ayant fui les monnaies refuges pour privilégier les devises plus risquées.

À Francfort, Mario Draghi a présenté une nouvelle analyse “dovish” de l'économie de la zone euro, repoussant encore les attentes concernant la date de la première hausse des taux d'intérêts de la banque centrale depuis 2011. La livre sterling a renoué avec la barre des 1,32 contre l’USD, avec l’espoir que le Royaume-Uni éviterait un “hard” Brexit, scenario où aucun d’accord ne se serait trouvé entre l’UE et le gouvernement de Theresa May.

L’attention cette semaine va maintenant porter sur le vote parlementaire de mardi sur le «plan B» de May pour le Brexit, sur la réunion du FOMC de mercredi et sur le rapport sur la masse salariale de vendredi aux États-Unis.

GBP
La livre a réalisé une autre prouesse la semaine dernière, se renforçant de plus de 2% grâce à l’optimisme croissant selon lequel un Brexit sans accord pourrait être évité. L’appui des députés pour l’amendement d’Yvette Cooper, qui retarderait l’aboutissement de l’Article 50, a fait remonter le cours de la livre de manière significative, de même que des informations selon lesquelles le DUP serait prêt à soutenir l’accord de May, à condition qu’une limite temporelle concernant le “backstop” en Irlande du Nord soit incluse.

Cette semaine sera donc à nouveau dominée par le Brexit et en particulier le vote au parlement britannique de mardi. Ce vote ne portera pas directement sur l’accord proposé par May mais sur les amendements proposés dans le cadre de cet accord. Nous pensons qu’un fort soutien des députés en faveur d’un report du Brexit, d’un deuxième référendum ou de l’abandon d’un scénario sans accord entraînerait une forte reprise de la livre sterling.

EUR
L'euro a brièvement touché jeudi dernier sa position la plus basse par rapport au dollar américain depuis la mi-décembre, entraîné à la baisse par une BCE accommodante et par des données économiques décevantes.

L'indice PMI composite, principal indicateur de l'activité, a ralenti pour s'établir à 50,7 en janvier, son plus bas niveau en 66 mois. Le président de la BCE, Mario Draghi, a déclaré à la suite de la réunion de politique monétaire jeudi que les nouvelles données étaient "plus faibles que prévues".

Le ton prudent des communications de la BCE de la semaine dernière nous conforte dans l’hypothèse selon laquelle la première hausse des taux d’intérêt en Europe depuis 2011 est encore loin d’être concrétisée. Nous pensons qu’il faudrait un redressement significatif des données relatives au PMI et à l'inflation pour maintenir l'espoir d'une hausse en 2019.

USD
Le billet vert a chuté à la suite de l’annonce de Trump vendredi. Cela s'explique en grande partie par un retour de l'appétit pour le risque sur les marchés. Les investisseurs craignent également que les nombreuses données économiques, dont la publication a été retardée par le shutdownl, pourraient montrer que l'économie américaine a ralenti à la fin de l'année dernière.

Les prochains jours seront importants pour le dollar, en particulier la réunion de la réserve fédérale de mercredi et le rapport sur les salaires non agricoles de vendredi. Nous nous attendons à ce que la Fed maintienne sa politique inchangée, sans changement significatif dans la rhétorique qui l'accompagne. Le rapport sur la masse salariale de vendredi, l’une des rares publications économiques majeures à ne pas avoir été retardée par la fermeture, devrait afficher une croissance régulière de plus de 3% et une solide création d’emplois autour de 170 000.

Imprimer