Le dollar porté par l'aversion au risque
Le dollar porté par l'aversion au risque.
Les marchés financiers du monde entier ont continué à se dégrader pendant les congés de Thanksgiving aux États-Unis. En l'absence de nouvelles importantes sur le plan monétaire ou économique, les marchés des changes se sont inspirés d'autres actifs risqués et en particulier les matières premières. Les monnaies liées aux matières premières comme les dollars australien et néo-zélandais et la couronne norvégienne ont été les plus durement touchées. Le dollar a progressé face à toutes les devises du G10, à l'exception des valeurs refuges comme le yen japonais et le franc suisse. La performance des marchés émergents a principalement été conduite par la vente des matières premières ; les importateurs de pétrole comme la Turquie ayant bien plus performé que les exportateurs de produits de base, notamment en Amérique latine.

La semaine prochaine, l’attention des marchés des changes devrait rester entièrement portée sur les événements politiques. Le débat qui va précéder le vote du parlement britannique sur l’accord du Brexit approuvé par l'UE et la première ministre May. Ce débat sera déterminant, comme la réunion du G20 le week-end prochain, ainsi que la suite des négociations entre le gouvernement italien et la commission européenne.

GBP
Les marchés ignorent totalement l'actualité économique, alors que nous nous approchons du moment de vérité au sujet du Brexit. Le projet d’accord ayant été finalisé entre la première ministre May et l’union européenne au cours du week-end, les projecteurs se tournent maintenant vers le parlement britannique. Les bookmakers estiment que les chances de passage sont légèrement inférieures à 50% mais personne n’a de boule de cristal. Le sterling a reçu la nouvelle de l'accord dimanche avec précaution et reste dans l'attente de l'issue du vote. Avec de rares nouvelles économiques en provenance du Royaume-Uni, les investisseurs se concentreront dans les prochaines semaines à compter les voix pour et contre l’accord.

EUR
L'euro a réussi à limiter ses pertes contre le dollar pour terminer à un niveau respectable la semaine dernière. Compte tenu des chiffres alarmants de la zone euro, il ne s’agissait pas là d’une mince affaire. Les principaux indices d'activité PMI ont encore faibli, l'indice composite a atteint son plus bas niveau en 47 mois à 52,4. L’indice composite est toujours en expansion donc mais montre une perte de vitesse inquiétante. Ceci, conjugué à l'absence de signes d'une reprise de l'inflation, signifie que notre prévision d’une première hausse des taux par la BCE au troisième trimestre de 2019 est incertaine. A moins d'un rebond significatif en décembre, nous réviserons nos prévisions concernant l'euro à la baisse.

USD
Comme c'est souvent le cas pendant la semaine de Thanksgiving, la valeur du dollar a en grande partie été influencée par des événements extérieurs. La nervosité générale du marché a poussé le dollar au plus haut cette semaine. La semaine à venir devrait être un peu différente. L'événement principal sera la publication du compte rendu de la dernière réunion de la réserve fédérale mercredi. Les marchés ont éliminé toutes les hausses de taux anticipées pour 2019, à l'exception d'une seule. Il sera intéressant de savoir si le discours de la Fed justifie ce ralentissement.
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