La volatilité des devises du G10 reste faible face aux marchés financiers en berne

Enrique Díaz-Álvarez11/Jan/2016Actualités

Malgré la tourmente qui a agité les marchés actions, notamment sur les bourses américaines qui ont enregistré leur pire démarrage historique, les devises du G10 sont restées remarquablement distantes, traitant avec une faible volatilité durant la semaine à l´exception du Yen Japonais qui s´est apprécié de 2-3 % par rapport à l´US Dollar, à l´Euro et à la Livre Sterling. Les devises liées aux matières premières comme les dollars Australien, Néo Zélandais et Canadien, de même que l´ensemble des devises des marchés émergents, ont en revanche chuté, en parallèle des actifs risqués et des matières premières.

Nous retiendrons particulièrement les craintes autour du Renminbi, et les rumeurs d’une nouvelle dépréciation de la monnaie chinoise. Nous pensons que ces rumeurs sont largement exagérées et que les autorités chinoises sont satisfaites de la volatilité que nous avons pu observer la semaine dernière.

EUR
Les données publiées la semaine dernière sur la zone Euro donnent la température sur les marchés et sont en accord avec la faible reprise que le bloc a connu sur les deux derniers trimestres. L´indice PMI manufacturier s´est apprécié, le niveau composite étant à 54. Ceci est cohérent avec la croissance à 2% recherchée. Cependant, l´inflation inquiète. En effet, elle ne répond pas aux attentes et chute de nouveau à 0,2 %. Ainsi les pressions déflationnistes restent inchangées.

Par ailleurs, le trouble politique croît de nouveau, avec l´Espagne au milieu d´un processus de sécession, apparemment incapable de former un gouvernement fédérateur. Ces facteurs, combinés avec l´agitation mondiale sur les marchés financiers, nous laissent à penser que les acteurs ne prennent pas assez en compte la possibilité d´une nouvelle expansion du programme d´assouplissement quantitatif de la part de la BCE après la dernière annonce de décembre.

USD
Le rapport sur l’emploi de décembre aux Etats-Unis n’a pas déçu. Cependant cette nouvelle, qui aurait du être la plus importante de la semaine, a été totalement ignorée par les marchés mondiaux. L’économie américaine continue sur sa bonne lancée avec la création de 291 000 emplois en Décembre. Ce chiffre, en plus d’être très positif, surpasse toutes les attentes, et a été imité par tous les indicateurs, mis à part le niveau des salaires. Nous pensons que l’état du marché du travail est la principale garantie d’un renforcement continu de l’économie américaine. Cette performance devrait pousser la FED à maintenir son augmentation graduelle des taux directeurs courant 2016.

GBP
Les données publiées au cours de cette deuxième semaine de l’année ont été quelque peu décevantes. L’indice PMI composite a légèrement reculé, passant de 55,7 à 55,3, reflet de la baisse de la croissance dans les secteurs des services et de l’industrie. Cependant, le niveau de cet indice reste conforme à nos prévisions de croissance de 2-3 % au Royaume-Uni. D’autre part, les PME dans le secteur industriel se disent plus positives que les plus grandes entreprises, signe que ces entreprises, plus agiles, prennent l’avantage sur ce secteur.

Avec un indice PMI de 55, la croissance actuelle et continue de l’emploi de 2-2,5 % est un indicateur favorable pour inciter la Banque d’Angleterre à réaliser une première augmentation des taux dans le courant du troisième trimestre 2016. Ceci est donc en bonne voie, même si la valeur de la Livre Sterling a baissé à 1,30-1,40 contre l’Euro, par anticipation et appréhension de la réunion du MPC la semaine prochaine, qui pourrait se conclure par une note dovish étant donné la fragilité du marché financier mondial.

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Écrit par Enrique Díaz-Álvarez

Directeur des risques chez Ebury, Enrique est responsable de la direction stratégique et de l’analyse du marché des devises. Enrique est considéré par Bloomberg comme l’un des meilleurs prévisionnistes forex.