Une possible extension du QE au premier semestre 2016 affaiblit l'euro

Enrique Díaz-Álvarez25/Jan/2016Actualités

Encore une semaine agitée sur les marchés financiers où de nombreuses classes d’actifs ont vu leurs valeurs vaciller avant de se reprendre suite au discours de Mario Draghi jeudi dernier. La Banque Centrale Européenne (BCE) a confirmé vouloir étendre son programme de rachat d’actifs dans le courant du premier semestre 2016. D’après Mario Draghi, ces mesures pourraient être mises en place lors de la réunion du 10 mars 2016. Ces annonces ont stimulé les cours des actifs risqués tels que les actions, les matières premières et les devises des pays émergents qui avaient atteint leur plus bas niveau de la semaine. Néanmoins, suite à cette conférence, l’euro a souffert et perdait du terrain face à l’ensemble des autres devises majeures, sauf le yen japonais et le franc suisse.

Au Royaume Uni, la livre sterling s’est enfin stabilisée la semaine dernière face au dollar américain et a même regagné du terrain face à l’euro. Cependant, suite aux commentaires dovish de Mark Carney, l’un des gouverneurs de la banque d’Angleterre, à la volatilité attendue avec le referendum sur le « Brexit » et à l’absence d’augmentation des salaires dans le pays, nous pensons maintenant que les taux directeurs ne seront augmentés qu’au cours du dernier trimestre 2016.

GBP

Le rapport sur l’emploi de Novembre au Royaume-Uni était sans surprise. Le chômage continue de baisser et est maintenant à son niveau le plus bas depuis l’automne 2005, à 5,1 %. Cependant, il reste des efforts à faire quant aux salaires. En effet, le taux d’augmentation net du salaire hebdomadaire a perdu 0,1 %, à un 1,9 % annualisé. Ce chiffre décevant est une des principales raisons pour lesquelles nous pensons que les taux ne seront augmentés par la Banque d’Angleterre qu’au cours du dernier trimestre 2016.

Une des autres principales raisons à ce changement est la déclaration assez dovish du gouverneur Mark Carney la semaine dernière qui s’est concentré sur les raisons qui motivent le maintien des taux à leurs niveaux actuels. Il s’est par ailleurs montré perplexe concernant l’absence d´augmentation salariale, alors même que le marché du travail se resserre. Il a aussi exprimé son inquiétude quant aux risques de récession posés par la récente volatilité sur les marchés.

Il semble maintenant assez clair que la majorité des huit membres du Comité de politique monétaire nécessaire pour maintenir les taux à leur niveau actuel ne semble pas en passe de changer prochainement. Nous repoussons donc nos prévisions concernant l’augmentation des taux de la Banque d’Angleterre au dernier trimestre de 2016.

EUR

Aprés avoir stagné ces dernières semaines, l’euro semble avoir adopté une nouvelle fois une tendance baissière face au dollar américain suite aux commentaires dovish de Mario Draghi. Nous avions prédit une possible augmentation du programme de rachat d’actif à partir de mars 2016. Cependant les marchés ont été surpris par ces annonces, ce qui a pesé sur le cours de la devise. L’euro a ainsi atteint son plus bas depuis deux semaines contre le dollar américain. De plus, la BCE a confirmé que ses prévisions sur l’inflation dans la zone euro demeuraient très basses voire même négatives et que l’objectif annoncé de 2 % serait difficile à atteindre.

Les données économique publiées vendredi dernier ont également mis la pression sur l’euro. Les études préliminaires sur le PMI manufacturier français et allemand sont, à la surprise des marchés, en dessous des attentes. L’indice PMI consolidé a ainsi été affiché à 53,5, un de ces plus bas niveaux en un an. Il apparait que la récente volatilité pèse sur la confiance des entreprises, ce qui conforte les mesures qui seraient prises par la BCE en mars 2016 afin de stimuler l’activité et l’inflation en zone euro.

USD

Le point marquant la semaine dernière a été la publication des chiffres sur l’inflation, en dessous des attentes, en raison des prix de l’alimentaire. Cependant, les chiffres les plus significatifs, qui excluent les composants alimentaires et l’énergie, ont augmenté de 0,1 % à un très bon 2,1 % annualisé, le plus haut niveau depuis 2012.

Tous les yeux sont désormais tournés vers la réunion de la Fed ce mercredi à 20h. Les taux devraient rester inchangés pour le moment, mais les marchés porteront une attention toute particulière au ton employé lors de la déclaration, et à la mesure dans laquelle la volatilité sur les marchés aura un impact sur l´intention de la Fed d’augmenter ses taux de 0,25 % chaque trimestre.

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Écrit par Enrique Díaz-Álvarez

Directeur des risques chez Ebury, Enrique est responsable de la direction stratégique et de l’analyse du marché des devises. Enrique est considéré par Bloomberg comme l’un des meilleurs prévisionnistes forex.