La Banque du Japon surprend les marchés

Marie Escaich01/Feb/2016Actualités

La semaine passée, tous les yeux étaient tournés vers le réunion de la Réserve Fédérale américaine, mais c’est finalement la Banque du Japon qui a surpris les marchés vendredi matin en annonçant réduire ses taux d’intérêts à des niveaux négatifs, faisant ainsi baisser le cours du yen contre toutes les autres devises ; une bonne nouvelle pour les exportateurs japonais. Cette fluctuation est une nouvelle preuve que dès lors que la Fed diminue la liquidité sur les marchés, celle-ci est compensée par des mesures supplémentaires mises en place par la BCE et la BoJ.

Après cette secousse des marchés, les prix de la plupart des actifs risqués se sont envolés. On note notamment l’appréciation des prix du pétrole et des matières premières en général, mais surtout des devises des marchés émergents. Les cours actuels sur ces devises permettent toujours de bénéficier de niveaux de couverture particulièment attractifs.

GBP

La croissance britannique à augmenté de 0,2 % en rythme annualisé au 4ème trimestre. En 2015, le Royaume-Uni a affiché une croissance de 1,9 %, légèrement en deçà de nos prédictions. Nous avons donc repoussé nos prévisions d’augmentation des taux directeurs au dernier trimestre 2016.

Malgré cette performance mitigée, la croissance économique britannique reste solide comparée à ses pairs. La faiblesse actuelle de la livre sterling reflète principalement les peurs d’une possible sortie du Royaume-Uni de l’UE. Nous devrions voir un rebond de la devise lorsque ces peurs se seront dissipées. Pour l’heure, la récente dépréciation de la devise devrait permettre de compenser certaines des pertes enregistrées sur la balance des paiements l’année passée.

EUR

Les chiffres sur l’inflation sortis la semaine dernière sont encourageants, passant de 0,2 % à 0,4 %. Ce timide rebond avait été largement anticipé et ne reflète pas les faibles prix de l’énergie, et notamment ceux du pétrole, qui devraient peser sur l’inflation dans les prochains mois. Les disparités entre pays membres commencent à se faire ressentir et les données économiques de la semaine dernière ont accentué cette impression. L’indice de confiance des entreprises allemandes (IFO) a chuté, alors que les chiffres sur le chômage espagnol s’améliorent.

Le rapport mensuel sur l’emploi ainsi que les chiffres sur les ventes au détail qui seront publiés cette semaine nous donnerons une idée plus précise de la situation économique actuelle en zone Euro.

USD

La Réserve fédérale a laissé, comme attendu, ses taux directeurs inchangés la semaine dernière et a déclaré surveiller « de près les évolutions économiques et financières mondiales et cherche à évaluer leur impact pour le marché du travail et l’inflation ».

De notre point de vue, tant que le marché du travail aux États-Unis se portera bien et que la création d’emploi continuera de croître, la FED devrait maintenir l’augmentation de ses taux directeur de 0,25 % chaque trimestre.

Les marchés des taux d’intérêts semblent cependant mal évaluer l’évolution des taux directeurs aux États-Unis. Selon nous, il est peu probable que les membres du FOMC changent le rythme des hausses.

Une autre donnée importante la semaine passée a été la publication des estimations de croissance au dernier trimestre 2015. Comme attendu, ceux-ci ont été faibles, à seulement 0,7 %. La baisse des exportations et des stocks a fortement pesée sur ces résultats.
De manière générale, nous continuons de penser qu’un marché du travail en bonne santé est la clé de la croissance américaine. Si environ 200 000 nouveaux emplois sont créés par mois, la consommation et la croissance devraient rebondir à des niveaux de 2-3 %.

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Écrit par Marie Escaich

Responsable Marketing chez Ebury, Marie est diplômée d’un Master en Management Interculturel avec une spécialisation en Communication.