Les incertitudes liées à un Brexit pèsent sur la livre sterling

Enrique Díaz-Álvarez22/Feb/2016Actualités

Les marchés actions et matières premières ont connu un fort rallye la semaine dernière, les investisseurs ayant maintenant intégré les mesures supplémentaires qui seront mises en place par la Banque Centrale Européenne et la Banque du Japon et les prix de ces classes d’actifs ayant désormais pris en compte ce risque.

Sur le marché des devises du G10, la livre sterling s’est fortement appréciée vendredi dernier après l’annonce de l’accord entre l’Union Européenne et le gouvernement britannique. Néanmoins, elle a connu un début de séance compliqué ce lundi. En effet, Boris Johnson, le maire de Londres et membre du parti conservateur, a annoncé ce weekend faire campagne en faveur d’une sortie du Royaume-Uni de l’UE, s’opposant ainsi à David Cameron.

Après avoir touché leur plus bas historique, la plupart des marchés émergents ont quant à eux connus une très bonne semaine. On pourra ainsi noter la bonne performance du rand sud africain et du peso mexicain, supporté par une hausse inattendue des taux directeurs de la part de la Banque du Mexique.

GBP

En plus des négociations sur le Brexit, plusieurs faits marquants la semaine dernière. Les chiffres sur l’emploi sont bons mais l´inflation et les niveaux de salaires le sont moins. En décembre, le nombre d’emplois a fortement augmenté pour atteindre 28 999, et le taux de chômage est resté à 5,1 %, son niveau le plus bas depuis 2005. Cependant, la rémunération hebdomadaire moyenne a diminué de 0,2 %, pour atteindre 1,9 % en Janvier. De même, on a pu observer un recul de 0,2% de l’inflation, à 1,2%. L´absence de pression inflationniste offre ainsi l´opportunité à la Banque d’Angleterre de reporter son augmentation des taux directeurs à la fin 2016.

La livre sterling est passé outre ces nouvelles macroéconomiques et les traders continuent de se concentrer sur la possibilité d’un Brexit, avec un référendum prévu en juin. Les sondages indiquent que les partisans du statu quo ont pris une légère longueur d’avance. Toutefois, certaines initiatives, telles que celles de Boris Johnson qui annoncé ce weekend faire campagne pour quitter l’Union Européenne, continuent d’augmenter la pression sur la livre sterling sur le court terme.

EUR

La semaine passée a été calme en terme de données économiques au sein de la zone Euro. Le seul fait marquant a été la publication de l´indice de sentiment économique, donnant des indications sur la croissance, qui a chuté pour le deuxième mois consécutif. Si les chiffres du PMI manufacturier, qui seront publiés cette semaine, vont également dans ce sens, la pression sur la BCE risque de s´intensifier pour que de nouvelles mesures soient mises en place lors du prochain meeting en mars. En plus d’une réduction supplémentaire du taux repo à des niveaux négatifs, et une expansion du programme d’assouplissement monétaire, certains analystes prévoient une diversification du types de rachats d’actifs par la BCE, qui pourrait racheter des prêts bancaires plutôt que des dettes souveraines. Ce contexte est on ne peut plus propice à la faiblesse de l’euro.

USD

Aux États Unis, l´économie américaine continue de défier le ralentissement économique mondial et les pressions déflationnistes. L´inflation est particulièrement bonne, en accord avec les chiffres de l´emploi de janvier. Le principal indicateur, qui exclut les composants alimentaires et énergétiques volatiles, a dépassé les prévisions avec une hausse de 2,2 % sur l’année. Cet objectif rentre dans le cadre des objectifs de la Réserve fédérale, et semble confirmer la solidité du niveau des salaires chiffré dans le rapport de janvier. Cette inflation solide souligne le décalage avec les attentes du marché en termes d´augmentation des taux directeurs. Une fois ces prévisions rectifiées, le dollar devrait s’apprécier graduellement au cours des prochains trimestres.

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Écrit par Enrique Díaz-Álvarez

Directeur des risques chez Ebury, Enrique est responsable de la direction stratégique et de l’analyse du marché des devises. Enrique est considéré par Bloomberg comme l’un des meilleurs prévisionnistes forex.