Le yen repart à la hausse

Enrique Díaz-Álvarez11/Apr/2016Actualités

Alors que l’euro et le dollar US sont restés relativement stables, certaines devises ont connu une semaine plus mouvementée.

Le yen s’est renforcé face à l’incapacité des autorités chinoises à élaborer une politique monétaire cohérente, enregistrant un rallye de 3 %.

La livre sterling a pris la direction opposée, appesantie par les craintes d’un Brexit et des données économiques décevantes. La prochaine réunion de la Banque d’Angleterre (BoE) ce jeudi est au centre des attentions. Ce sera la dernière réunion de la BoE avant le lancement officiel, ce vendredi, de la campagne du référendum sur le Brexit. Les marchés n’ont pas encore mesuré les impacts sur l’euro de l’éventuelle sortie du Royaume-Uni de l’UE et de la baisse de la performance économique de la zone euro.

Par ailleurs, les chiffres sur la production industrielle en zone euro de février seront publiés ce mercredi. Les marchés prévoient une forte baisse de ces chiffres.

Tous ces évènements pourraient entrainer une forte volatilité des devises européennes mercredi et jeudi.

GBP

Semaine difficile donc pour la livre sterling.

Le Brexit n’a cependant pas encore d’impact négatif sur les plans d’investissement, l’indice PMI composite ayant progressé de presque un point à 53,6.

La Banque d’Angleterre (BoE) pourrait soutenir la livre sterling au cours de la réunion ce jeudi. Les marchés attendront avec impatience le compte rendu de la réunion au cours de laquelle les taux d’intérêts devraient être maintenus. Un ton dovish est attendu.

Cependant, la BoE pourrait justifier la dépréciation de la livre sterling et évoquer les mesures qui seront mises en place pour soutenir l’économie britannique, ce qui pourrait entrainer de la volatilité sur la livre sterling.

EUR

Le principal évènement de la semaine a été la publication du compte rendu de la réunion de la Banque Centrale Européenne (BCE) de mars.

Bien que ce compte rendu soit sans surprises, il est rassurant de constater que tout le monde semble s’accorder sur la nécessité de prolonger et d’étendre la politique monétaire accommodante. On a également pu constater une certaine préoccupation quant à l’équilibre entre les placements et les investissements en zone euro, et le faible niveau de l’investissement en dépit du bas niveau des taux d’intérêt.

L’économie européenne sera sur le devant de la scène cette semaine avec la publication de l’indice de la production industrielle de février. Le consensus table sur une valeur très faible, avec une chute de 0,7 points sur le mois et un retour du chiffre annuel autour de 1,3 %.

Nous pensons que ces chiffres vont encourager les investisseurs à diversifier leurs portefeuilles entre la zone euro et les états-Unis et que l’euro aura des difficultés à se maintenir à son niveau actuel.

USD

Comme en zone euro, la semaine passée a été plutôt calme en matière de publications économiques. Le principal évènement a été la publication du compte rendu de la réunion de la Réserve Fédérale (Fed) de mars.

Ce compte rendu indique que la Fed est de plus en plus partagée quant au rythme à adopter pour l’augmentation des taux. Certains décideurs sont en faveur d’une augmentation dès le mois d’avril, une perspective complètement exclue par les marchés.

Les décideurs en faveur d’une augmentation n’ont probablement pas suffisamment de poids pour forcer une augmentation des taux en avril. Nous prévoyons néanmoins une nouvelle augmentation des taux en juin, sous réserve que les marchés financiers gardent leur dynamique actuelle.

Cette semaine, plusieurs membres de la Fed prendront la parole. Quatre d’entre eux sont parmi les membres du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) qui sont pour la remontée des taux : Williams, Lacker, Harker et Kaplan. Les marchés pourraient alors anticiper plus d’une hausse des taux d’intérêt sur l’année 2016, ce qui devrait soutenir le dollar.

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Écrit par Enrique Díaz-Álvarez

Directeur des risques chez Ebury, Enrique est responsable de la direction stratégique et de l’analyse du marché des devises. Enrique est considéré par Bloomberg comme l’un des meilleurs prévisionnistes forex.