USA : les mauvais chiffres sur l’emploi font chuter le dollar

Enrique Díaz-Álvarez06/Jun/2016Actualités

La faiblesse inattendue du marché de l’emploi américain en mai a sonné la fin du rallye du dollar US et a remis en question l’hypothèse d’une prochaine hausse des taux de la Réserve Fédérale en juin. Il semble maintenant peu probable que la Fed augmente ses taux plus de deux fois d’ici la fin de l’année. La semaine dernière, le dollar américain a donc été délaissé et a enregistré une dépréciation de 2 % face à l’euro.

La livre sterling, sous pression après de nouveaux sondages favorables au Brexit, a connu une semaine difficile et a reculé face à toutes les devises majeures, y compris le dollar US.

Le principal rendez-vous de la semaine aura lieu aujourd’hui, avec l’intervention de la présidente de la Fed, Janet Yellen, qui, suite à la déception provoquée par le dernier rapport sur l’emploi, devrait donner plus de précisions concernant les hausses des taux à venir. Les marchés s’attendent à ce qu’elle n’annonce pas plus d’une hausse des taux d’ici la fin de l’année.

Le reste de la semaine sera seulement marqué par des évènements politiques. Les débats sur le référendum au Royaume-Uni mardi et jeudi continueront d’être les principales sources de risque pour la livre sterling.

GBP

Semaine difficile pour la livre sterling. L’euphorie générée par les sondages contre le Brexit a été dissipée par les sondages favorables au Brexit. Les chances d’un Brexit sont passées de de 20 à 27% chez les bookmakers. Cependant l’indicateur calculé par Number Cuncher évalue les chances d’un Brexit à 22 %.

Largement ignoré par les marches, l’indice PMI des entreprises a modestement progressé à 53, reflet de l’augmentation du PIB autour des 2%. Ce résultat reste correcte étant donné les incertitudes liées au referendum. La confiance des entreprises pourrait être reboostée si, comme nous le pensons, le Royaume-Uni vote pour rester au sein l’UE le 23 juin.

EUR

Sans surprise, la Banque centrale européenne a maintenu ses taux directeurs inchangés.
Mario Drahi, le président de la BCE s’est livré à un exercice d’équilibriste, ne prenant aucune décision majeure. Au sujet de l’inflation, la BCE a modérément revu ses prévisions à la hausse et a ajouté qu’elle serait prête à renforcer ses mesures si celles en place ne permettaient pas d’atteindre les résultats escomptés.

Nous ne nous attendons pas à de grands changements avant la réunion de septembre. D’ici là, la Banque centrale devrait quitter le devant de la scène. L’euro dépendra donc de deux principaux facteurs : les discours des représentants de la Fed, et le programme politique en Europe.

En plus du referendum sur le Brexit, les élections espagnoles du 26 juin pourraient découler sur une prise de pouvoir par le parti de gauche Podemos, ce qui entraînerait des confrontations avec Bruxelles sur les plans de dépenses et le calendrier de la réduction de la dette en Espagne.

USD

Le rapport sur l’emploi aux Etats-Unis en mai a été très décevant, les créations d’emploi ayant atteint leur plus bas niveau depuis six ans.

38 000 emplois seulement ont été créés en mai et les chiffres des deux mois précèdents ont également été revus à la baisse. Le chômage a fortement baissé à 4,7 %, mais cela est dû en grande partie à une diminution de la force de travail et n’aura donc que peu d’effet sur les prévisions de la Fed. L’augmentation des salaires, qui est restée stable à 2,5 % sur l’année, est la seule bonne nouvelle de ce rapport.

Ces statistiques signifient que la Fed ne pourra probablement pas envisager de relever ses taux en juin. Une hausse en juillet dépendrait d’un fort rebond du rapport le mois prochain qui apaîserait les inquiétudes quant à une économie américaine en perte de vitesse.

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Écrit par Enrique Díaz-Álvarez

Directeur des risques chez Ebury, Enrique est responsable de la direction stratégique et de l’analyse du marché des devises. Enrique est considéré par Bloomberg comme l’un des meilleurs prévisionnistes forex.