La Réserve Fédérale décide de prolonger le statu quo

Enrique Díaz-Álvarez22/Sep/2016Actualités

C’est sans surprise qu’hier soir, la Fed a décidé de prolonger le statu quo en laissant ses taux inchangés, tout en soulignant qu’une hausse des taux d’intérêt était envisageable d’ici la fin de l´année.

Lors de la conférence de presse donnée mercredi par Janet Yellen, la présidente de la Réserve Fédérale américaine a reconnu que la santé de l’économie américaine continuait de s’améliorer, principalement grâce au marché du travail, et que les arguments en faveur d’une hausse s’étaient renforcés.

“Notre décision ne traduit pas un manque de confiance dans l’économie” souligne Janet Yellen.

3 dissidents ayant voté pour une hausse immédiate des taux, la décision de prolonger le statu quo a été approuvé par seulement 7 des 10 membres du comité monétaire.

Le ton plus agressif de la Fed fait suite aux signaux positifs donnés par l’économie américaine ces derniers mois. Après avoir fortement chutée en mai dernier, la création d’emplois a rebondi, avec une moyenne sur les trois derniers mois supérieure à 200 000 nouveaux emplois créés. La croissance des bénéfices est également très positive avec une hausse des salaires de 2,4 % en août, un des plus hauts pourcentages depuis la crise financière (Graphique 1).

Graphique 1 : Moyenne des salaires horaires aux États-Unis

FOMC report sept 16 fig 1

Source : Réserve Fédérale Date : 22/09/2016

Bien que le comité de politique monétaire de la Réserve Fédérale soit toujours en dessous de son objectif d’inflation, l’inflation sous-jacente a augmenté à 2,3 % le mois dernier, et l’indice des prix à la consommation a également connu une légère hausse et reste dans la trajectoire prévue par la Fed à 1,1 % (Graphique 2). La consommation des ménages reste elle aussi solide, après avoir rebondi au deuxième trimestre et le marché immobilier s’est amélioré.

Graphique 2 : Taux d’inflation aux Etats-Unis (2011-2016)

FOMC report sept 16 fig 2

Source : Réserve Fédérale Date : 22/09/2016

Par ailleurs, les risques venant de l’étranger semblent être moins forts. Les conditions financières semblent maintenant être accommodantes, l’inquiétude des marchés relative à la décision du Royaume-Uni de quitter l’UE s’étant attenuée. Les dernières données économiques publiés sur la Chine ont également dissipé les doutes sur la santé de la deuxième plus grande économie du monde.

Sauf en cas de forte dégradation de la situation économique, nous restons d’avis que les taux seront augmentés une nouvelle fois en décembre.

Malgré les signes indiquant une possible hausse des taux en décembre, le graphique dot plot, qui montre les attentes de chaque membre du FOMC relatives à l’augmentation des taux d’intérêt, n’a pas permis de soutenir le dollar US qui a enregistré une légère baisse contre toutes les autres devises majeures. La médiane des attentes sur le niveau des taux sur le long terme a de nouveau été revue à la baisse ; ce qui confirme que les taux seront a priori augmentés progressivement au cours de l’année prochaine. Les responsables politiques envisagent deux hausses des taux en 2017, trois en 2018 et en 2019 (Graphique 3).

Graphique 3 : Dot plot de la Fed en septembre

FOMC report sept 16 fig 3

Source : Réserve Fédérale Date : 22/09/2016

Ces augmentations des taux devraient selon nous entraîner l’appréciation du dollar US par rapport à toutes les devises majeures au cours de prochains mois, notamment face à l’euro étant donnée la possible extension des mesures d’assouplissement quantitatif de la Banque centrale européenne.

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Écrit par Enrique Díaz-Álvarez

Directeur des risques chez Ebury, Enrique est responsable de la direction stratégique et de l’analyse du marché des devises. Enrique est considéré par Bloomberg comme l’un des meilleurs prévisionnistes forex.