La livre s'est déprécié à la suite des élections au Royaume-Uni; le peso mexicain s'apprécié grâce à une diminution du risque politique

Enrique Díaz-Álvarez12/Jun/2017Actualités

La plupart (mais évidemment pas tous) les sondages se sont trompés une fois de plus sur l’élection au Royaume-Uni la semaine dernière. La plupart avait prédit une large victoire des conservateurs et une majorité élargie au Parlement. Finalement, les travaillistes ont raflé beaucoup de sièges et laisse la première ministre Theresa May dépendante des résultats d’Ulster pour s’assurer une majorité. L’incertitude et les chances d’une seconde élection ont mis à l’épreuve la livre, qui s’est effondrée. L’euro s’est aussi déprécié, lorsque la BCE a adopté un ton plus dovish qu’attendu par les marchés et une forte dégradation des prévisions d’inflation.

La star de la semaine passée était sans aucun doute le peso mexicain. Il s’est envolé suite à la victoire serrée du gouvernement dans une élection clé. Toute la semaine il a continué son redressement car les marchés estiment que l’administration Trump affaiblie ne réussira pas à restreindre les échanges entre le Mexique et les Etats-Unis.

La semaine prochaine, tous les yeux seront rivés sur le meeting de la réserve fédérale américaine. La FED devrait quasi unanimement augmenter ses taux directeurs. L’attention sera portée sur le nombre de potentielles futures hausses de taux à venir. Les réunions des banques centrales japonaises, anglaises, et suisses, quant à elles, devraient se solder par un statut-quo.

GBP

L’élection générale a bouleversé le Royaume-Uni. Les conservateurs ont perdu 12 sièges et n’ont plus la majorité. Des négociations sont en cours pour former un gouvernement avec le parti unioniste Ulster. Même si un accord est trouvé, le gouvernement aura une force de négociation plus faible dans le processus du Brexit et la possibilité qu’une partie du parlement tente de tuer un accord naissant demeure. Le pire scénario envisageable serait qu’une nouvelle élection ait lieu. Une chose est sûre: le calendrier de sortie de la zone euro de 2 ans sera sûrement retardé.

Dans tous les cas, les marchés sont susceptible d’attacher une prime de risque significative à la Livre Sterling. Nous pensons que la voix de moindre résistance est en baisse.
Nous allons bientôt réviser nos prévisions en conséquence. En tout cas, nous sommes probablement confrontés à une période de volatilité du marché comparable à celle des retombées immédiates du référendum Brexit.

EUR

Tous les regards se sont tournés sur la réunion de juin de la BCE. En fin de compte, la Banque Centrale a livré un message résolument mitigé. D’un côté, Mario Draghi n’envisage plus la possibilité de taux plus bas et a déclaré que les perspectives en zone euro étaient maintenant équilibrés plutôt que pondérés à la baisse. Cependant, il a considérablement baissé ses projections pour l’inflation et a clairement indiqué qu’il n’y aurait pas de réduction du programme QE jusqu’à ce que l’inflation semble atteindre l’objectif de la BCE. Les marchés ont choisi de se concentrer sur ce dernier et l’euro a légèrement reculé par rapport à ses récents sommets par rapport au dollar, entraînant la plupart des autres monnaies européennes.

Cette semaine, les données de la zone euro sont relativement faibles. Les fluctuations de la monnaie commune seront liées à des événements ailleurs, notamment les négociations gouvernementales au Royaume-Uni et la réunion cruciale de juin de la Réserve fédérale le mercredi.

USD

Dans une semaine où le calendrier des données économiques était assez faible, les marchés avaient quelques attentes en matière de volatilité autour du témoignage de l’ancien directeur du FBI monsieur Comey. Il n’y avait pas de révélations majeures et l’USD et du coup le dollar n’a pas bougé suite à ce temoignage

La réunion décisive de la semaine est celle de la Réserve fédérale, mercredi soir. Une hausse des taux est anticipée par les marchés. La clé sera de mesurer la probabilité de nouvelles hausses cette année, sur la base du «tracé des points», des projections économiques du FOMC et des réponses du gouverneur Yellen lors de la conférence de presse.On peut s’attendre à une communication plus hawkish qu’attendue par le marché, et à ce que la FED envisage une à deux autres hausses de taux. Si c’était le cas, le dollar devrait repartir à la hausse.

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Écrit par Enrique Díaz-Álvarez

Directeur des risques chez Ebury, Enrique est responsable de la direction stratégique et de l’analyse du marché des devises. Enrique est considéré par Bloomberg comme l’un des meilleurs prévisionnistes forex.