L’euro reste fort alors que les actifs à risque affichent de solides gains

Enrique Díaz-Álvarez08/Jan/2018Actualités

La trève hivernale marquée par de faibles volumes n’a pas favorisé le dollar américain, qui s’est déprécié lors de la dernière semaine de l’année 2017. La première semaine de la nouvelle année s’est illustrée par des échanges centrés autour de la livre, de l’euro et du dollar US malgré un “rally” significatif de quasiment toutes les plus grosses devises émergentes. Un optimisme croissant vis-à-vis de l’accélération économique globale a poussé les investisseurs à vendre leurs actifs à risque tel que les actions et les matières premières, revigorant ainsi la plupart des marchés émergents, menés par les devises latinos-américaines, en premier lieu le peso colombien.

Le calendrier de la semaine prochaine est relativement calme. Le taux de chômage de la zone Euro sera publié mardi, les minutes de la BCE auront lieu jeudi tandis que vendredi l’inflation des consommateurs américains attirera l’attention des traders. L’inflation de base annuelle aux Etats-Unis a stagné à 1.7% lors des 6 derniers mois. Le consensus prévoit un statut quo, par conséquent une évolution dans l’une des deux directions pourrait apporter vraisemblablement de la volatilité sur la paire EUR/USD.

GBP

Etant donné le manque de publication majeure au Royaume-Uni aussi bien cette semaine que la semaine passée, la livre continuera de fluctuer en fonction d’événements extérieurs, suivant à la trace l’euro face au dollar américain. Une faible réévaluation la semaine passée à un solide niveau de 58.1 de l’enquête de l’indice composite PMI de l’activité économique semble confirmer que la croissance globale profitera très certainement au Royaume-Uni, au moins à court-terme. L’impact des nouvelles sur le Brexit devrait s’estomper jusqu’à fin janvier, lorsque le meeting du conseil général de l’UE donnera de la clarté sur le mandat de la commission concernant les prochains pourparlers. La production industrielle de novembre sera publiée mercredi, ce qui devrait fournir davantage d’indications sur la santé de l’économie britannique, avec le consensus anticipant une nouvelle forte hausse.

EUR

Cette semaine il y aura peu de publications macroéconomiques dans la zone Euro. Toutefois la publication des minutes du meeting de la BCE en décembre devrait fournir quelques éclairages sur la politique monétaire. La dichotomie entre la forte croissance et la faible inflation n’est pas fermée et commence à se résoudre. La semaine dernière, l’inflation principale a déçu le consensus une fois de plus, restant à 1% pour le troisième mois consécutif. Toutefois, l’index composite de l’activité des PMI a touché un plus haut, mais jusqu’ici ceci n’a eu aucun impact perceptible sur la principale inflation.

USD

Les emplois non manufacturiers aux Etats Unis étaient légèrement décevants, mais le reste du rapport était modérément encourageant. Les 148 000 nouveaux emplois étaient inférieurs aux attentes, mais c’est probablement un signe que les Etats-Unis ont atteint le plein emploi et l’expansion de la masse salariale devient plus difficile dans beaucoup de secteurs. Un point positif à long terme est la stabilité de la participation de la main-d’oeuvre, malgré le vieillissement de la génération du baby boom. Tout compte fait, le rapport ne change pas significativement l’image d’un marché du travail américain serré sans (encore) accélérer la pression des salaires.

Le rapport de l’inflation de vendredi est la donné clé cette semaine. Une hausse actuelle du niveau de 1,7% qui s’est maintenu pendant la plupart de 2017 augmenterait matériellement les chances pour quatre hausses des taux aux Etats-Unis.

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Écrit par Enrique Díaz-Álvarez

Directeur des risques chez Ebury, Enrique est responsable de la direction stratégique et de l’analyse du marché des devises. Enrique est considéré par Bloomberg comme l’un des meilleurs prévisionnistes forex.