Quel a été l’impact de la réunion de la Fed hier soir sur le marché des changes ?

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30 April 2020

Written by
Bran Thévenet

External Relationship Manager chez Ebury

Les marchés boursiers américains ont atteint hier un sommet de sept semaines après que la réserve fédérale a indiqué qu’elle maintiendrait les taux à leur limite inférieure dans un avenir prévisible.

Le président du FOMC, Jerome Powell, a évoqué les risques croissants que la pandémie de COVID-19 fait peser sur l’économie américaine. Il a déclaré que “la crise de santé publique actuelle pèsera lourdement sur l’activité économique, l’emploi et l’inflation à court terme, et crée des risques considérables pour les perspectives économiques à moyen terme”. Il a également déclaré que la politique agressive actuelle resterait en place jusqu’à ce que la crise soit terminée et que les États-Unis reviennent à leurs objectifs de plein emploi et de 2% d’inflation.

Il n’y a pas eu trop de nouvelles informations de la part de M. Powell et les marchés des devises ont donc peu changé après sa conférence de presse. Nous avons constaté une légère hausse de l’euro, qui se négocie à nouveau au-dessus du niveau des 1,085 par rapport au dollar. Nous pensons que cela peut être attribué aux commentaires concernant la capacité de la Fed à continuer d’assouplir sa politique lors des prochaines réunions. M. Powell fait également remarquer que la banque centrale continuera à utiliser tous les outils disponibles pour favoriser la croissance américaine. Le marché est convaincu que la Fed n’est pas à court d’outils pour protéger l’économie et les investisseurs se sont donc sentis réconfortés pour débloquer certains de leurs investissements dans les valeurs refuges.

Avant la réunion de la Fed d’hier, le marché n’a pas réagi de manière trop agressive aux chiffres de la croissance américaine du premier trimestre de mercredi, en partie parce qu’ils étaient plus ou moins dans la fourchette prévue par les économistes. L’économie américaine s’est contractée de 4,8 % en rythme annuel au premier trimestre, sa plus forte contraction depuis 2008. Ce n’est toutefois qu’un avant-goût de ce qui nous attend, étant donné que l’apparition du virus n’a commencé à avoir un impact significatif sur l’activité qu’au cours des deux ou trois dernières semaines du trimestre. Le chiffre du deuxième trimestre sera sans aucun doute bien pire.

La BCE changera-t-elle l’EUR/USD cet après-midi ?

La prochaine étape pour les marchés des changes sera la réunion de la BCE cet après-midi. Comme nous l’avons mentionné dans notre rapport préliminaire, nous pensons qu’il y a de bonnes chances que la banque augmente le Pandemic Emergency Purchase Programme (PEPP) cet après-midi. Si l’enveloppe actuelle de 750 milliards d’euros est sans aucun doute importante, elle ne représente encore qu’environ 6 % du PIB de la zone euro, ce qui suggère qu’il est possible de l’augmenter.

Si la BCE n’agissait pas maintenant et s’abstenait de s’engager à agir à l’avenir, l’euro serait probablement fortement pénalisé. La deuxième possibilité serait que la BCE maintienne sa politique inchangée pour le moment, mais s’engage fermement à en faire plus pendant l’été. La réaction sur les marchés des changes dépendra probablement de la capacité de Lagarde à convaincre le marché qu’un assouplissement est réellement envisageable, même si nous pensons que la réaction générale serait d’envoyer l’EUR/USD à la baisse. La dernière option, qui est également notre scénario de base, serait que la banque agisse maintenant en augmentant son PEPP. Dans ce scénario, l’euro se redresserait probablement, d’autant plus que le marché semble actuellement déchiré par la question de savoir si une action immédiate est nécessaire.

Quoi qu’il en soit, nous pensons que la réunion de la BCE déclenchera une volatilité beaucoup plus importante sur la paire EUR/USD que la réunion de la Fed hier soir, de sorte qu’un mouvement agressif dans l’une ou l’autre direction ne peut être exclu.

Augustin Doittau
FX Corporate Dealer

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