Les cas de coronavirus aux États-Unis s’accélèrent, une hausse historique des demandes d’allocation de chômage est probable.

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26 March 2020

Written by
Enrique Díaz-Álvarez

Chief Risk Officer at Ebury. Committed to mitigating FX risk through tailored strategies, detailed market insight, and FXFC forecasting for Bloomberg.

Le dollar américain s’est à nouveau affaibli par rapport aux principales devises jeudi matin, tombant à son plus bas niveau en une semaine par rapport à l’euro.

Cette semaine, l’adoption de l’énorme plan de relance de 2 000 milliards de dollars de l’administration Trump a apporté un sentiment de soulagement et de calme au marché, et a fait disparaître la pression du financement en dollars qui était apparente après que les investisseurs se soient précipités pour acheter le billet vert, un havre de sécurité. Bien que ce plan ne suffise selon nous, à empêcher une forte récession aux États-Unis cette année. Il pourrait au moins atténuer le coup, ce qui donnerait aux consommateurs et aux entreprises des États-Unis au moins une raison d’être optimistes.

Le nombre de cas de COVID-19 continue d’augmenter à un rythme alarmant dans le monde entier, en particulier aux États-Unis, qui sont maintenant sur le point de dépasser l’Italie en tant que pays le plus touché au monde, en dehors de la Chine. Plus de 13 000 nouveaux cas de ce virus ont été signalés aux États-Unis rien qu’hier, ce qui porte le nombre total à près de 70 000. Il semble maintenant que ce soit une question de temps avant que le pays ne dépasse la Chine en tant que lieux le plus chaud de la pandémie. Cette inquiétante accélération du virus, combinée à la réaction apparemment laxiste du président Trump face à sa gravité, a sans aucun doute contribué en partie à la faiblesse du dollar au cours des deux derniers jours.

Une publication de données économiques qui passe généralement complètement inaperçue sera au centre de l’attention aujourd’hui. Les demandes initiales d’allocations chômage aux États-Unis, la mesure la plus significative du marché du travail américain, devraient afficher une augmentation massive lorsqu’elles seront publiées cet après-midi. L’indicateur, qui représente le nombre de nouveaux américains demandant des allocations de chômage sur une période d’une semaine, devrait se situer autour du million pour la semaine allant jusqu’au 20/03, selon un sondage Reuters. Non seulement ce chiffre serait presque quatre fois supérieur à celui de la semaine précédente, mais il éclipserait de loin le pic de 665 000 atteint pendant la crise financière.

Nous pensons qu’une confirmation de ce qui précède pourrait déclencher une nouvelle crise de faiblesse du dollar lorsque les données seront publiées à 12h30 GMT aujourd’hui.

L’euro augmente malgré l’absence de signes de ralentissement du virus en Europe

L’euro s’est renforcé pour la quatrième journée consécutive par rapport au dollar ce matin. Toutefois, cela est entièrement dû à un retracement du billet vert, selon nous. Les cas de coronavirus continuent d’accélérer en Europe continentale, sans qu’aucun des principaux pays du bloc n’ait encore montré de signes de diminution significative du nombre de contaminés. La pénurie de fournitures et d’équipements médicaux devient un réel problème, il semble que la situation risque encore de s’aggraver avant de s’améliorer.

Étant donné la gravité de la propagation du virus en Europe, nous pensons que l’économie de la zone euro sera la plus touchée de toutes les grandes puissances dans les mois à venir. Hormis les données désastreuses de l’indice PMI de cette semaine, aucune donnée n’a été publiée en temps utile pour montrer la véritable ampleur du ralentissement économique. Les données de lundi prochain sur la confiance des consommateurs et des entreprises pour le mois de mars pourraient cependant être très révélatrices.

La BoE va-t-elle annoncer de nouvelles mesures d’assouplissement aujourd’hui ?

Le nouveau gouverneur de la Banque d’Angleterre, Andrew Bailey, prendra en charge sa toute première réunion de CPM prévue aujourd’hui.

Après la baisse des taux d’intérêt de la semaine dernière et suite aux mesures d’urgence en matière de liquidités annoncées en début de semaine, il n’est pas certain que de nouvelles mesures destinées à soutenir l’économie britannique seront annoncées aujourd’hui. Nous recevrons toutefois le dernier compte rendu de la réunion, qui indiquera probablement que la banque est prête à agir davantage, si les conditions sur les marchés financiers ou l’économie britannique justifient une plus grande stimulation.

Si la livre s’est redressée par rapport au dollar cette semaine, elle a eu plus de mal à se renforcer par rapport aux principales devises, car le NHS pourrait être mal préparé face à la vague de cas de COVID-19 qui se profile en Grande-Bretagne. Le nombre de cas devrait dépasser les 10 000 au Royaume-Uni aujourd’hui, et le nombre de décès est maintenant plus du double de celui de l’Allemagne. Alors que le Royaume-Uni entre dans la phase de forte croissance du virus, la livre sterling pourrait s’avérer fragile, en particulier si le marché juge que les mesures de confinement de Boris Johnson sont insuffisantes pour stopper matériellement la propagation du virus.

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