Vente globale des actifs risqués et achat de dollar
La tension sur les marchés s'est encore accentuée la semaine dernière. Les marchés boursiers ont fortement chuté, et la chute significative des rendements du Trésor américain que nous avons observée depuis les plus hauts du mois dernier n'apporte guère de soutien dans un climat de tensions au niveau mondial. Les données économiques semblent avoir pris une tournure incertaine ces derniers temps ; en particulier, les indices PMIO de l'activité économique de la zone euro ont chuté de manière inattendue, ce qui a encore nui à la confiance des marchés. Cette fois, le dollar s'est comporté comme une valeur refuge au milieu de la nervosité des investisseurs et s'est renforcé contre toutes les devises du G10, sauf le yen japonais.

Cette semaine, l'inflation de la zone euro mercredi et le rapport mensuel sur les salaires aux États-Unis pour le mois d'octobre seront les principales nouvelles macroéconomiques pour les marchés des changes. En outre, les cambistes garderont un œil sur l'évolution des marchés à risque, ainsi que sur les interrogations entourant le budget italien et l'élargissement des écarts entre la dette italienne et celle du reste de la zone euro.

GBP
La livre sterling était quant à elle en perte de vitesse la semaine dernière. En plus de la hausse générale du dollar, les fuites indiquant que le cabinet britannique était dans l'impasse sur les concessions à faire à l'UE afin de relancer les négociations du Brexit ont fait peur aux marchés. La livre sterling a été la monnaie la moins performante du G10 la semaine dernière. À l'approche de la réunion de la Banque d'Angleterre jeudi, même un ton légèrement hawkish du comité de la Banque d’Angleterre pourrait déclencher une hausse significative, en particulier si le sentiment de risque se stabilise dans le monde cette semaine.

EUR
Les données décevantes de l'indice PMI sur l’activité économique ont suscité des inquiétudes supplémentaires, en plus de la baisse inattendue de l'inflation dans la zone euro le mois précédent. Toutefois, la BCE reste toujours de marbre face à la faiblesse des données. Le président Draghi en particulier, a clairement indiqué lors de la réunion d'octobre de la BCE la semaine dernière, qu'il considère cette faiblesse comme temporaire et ne voit aucune raison de modifier la position de la banque centrale pour le moment. Quoi qu'il en soit, l'euro n'a été aidé ni par les données ni par le climat d'aversion au risque, et il est sorti de sa récente fourchette à la baisse par rapport au dollar américain.

Dans ce contexte, le communiqué de mercredi sur l'inflation dans la zone euro prend une importance supplémentaire et sera suivi de près par les marchés.

USD
Les nouvelles économiques en provenance des États-Unis ont été mitigées, mais nettement meilleures que dans la zone euro. Les chiffres rétrospectifs du PIB pour le troisième trimestre étaient solides, mais l'activité plus récente sur le marché immobilier semble s'être effondrée à mesure que les taux hypothécaires augmentent. Cette semaine, le rapport sur la question prévu vendredi devrait éclaircir la situation. Toutefois, à ce stade, nous ne voyons aucune raison de douter de la vigueur de l'économie américaine. Comme toujours, le point clé des données sera de savoir si le resserrement du marché du travail se traduira par des pressions à la hausse sur les salaires.
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